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Benhila Regraguia

Née en 1940, Regraguia Benhila est décédée lundi 9 novembre 2009 à Douar Lamsasa dans la commune rurale de Lahrarta (Province d’Essaouira). Première femme d’Essaouira à faire de la peinture, elle avait commencé en 1988 à produire « ses premières esquisses si caractéristiques par leur univers labyrinthique… Ses œuvres ont été présentées pour la première fois à la galerie Frederic Damgaard en 1989. Par la suite, elle s’était liée d’amitié à l’écrivain Fatima Mernissi et à un groupe de femmes allemandes, qui exposèrent ses œuvres à Cologne, Francfort et ailleurs. C’est une figure emblématique du terroir, elle portait le haîk, tradition aujourd’hui en déclin ». L’œuvre picturale de Benhila Regraguia se caractérise par un traitement spécial de la surface plane, tactique qui la rapproche des artistes bruts. L’artiste invite le spectateur à un spectacle scénographique tout en méandres diversement colorées, de lignes signeuses et fluides, le tout couvrant l’ensemble du tableau et ayant l’air d’anticiper même sur les bords. Benhila libère une gestualité fantasque et largement onirique, faite de fuites en avant, de retours et de revirements rythmés ; des formes figurales très schématisées noyauteent parfois son travail, tels de curieux soubresauts d’une ancienne mémoire figurative, d’arrêts sur image. En fait, ce sont autant d’accessoires iconographiques dont le savoureux anecdorisme a des résonances biographiques. Inspirée par hypothèse de ce que son regard a retenu de l’art artisanal textile et, peut-être aussi, de certaines vieilles trames tapissières, l’artiste laisse ainsi s’épancher sur la surface un éventail de résidus visuels le plus souvent abstraits, où la couleur, qui ne cherche guère à être affinée, opère un cheminement sensitif non contrôlé, ce qui aboutit à un rendu d’aspect improvisé, certainement si original. Le geste, dynamique et aérien, s’est libéré là de toute entrave formaliste, donnant lieu à une vraie peinture d’autodidacte, dont le désir d’expression ne tient ni du caméléon ni du singe, pour parodier Jean Dubuffet.
Parcours artistique: Ses peintures ont été exposé partout au Maroc et ailleurs.